Mixage mastering Optimiser un mixage en vue d'une intervention en studio de mastering

Voici quelques conseils pour vous aider à fournir un mixage optimisé en vue d'une intervention en studio de mastering.

Cet article a été réalisé sur la demande de nombreux clients qui s’autoproduisent, bien que celui-ci reste entièrement valable pour les structures professionnelles.

Je tiens avant tout à préciser que le mastering ne remplace en aucun cas le mixage. La qualité et l'orientation de celui-ci influenceront définitivement le résultat final. Néanmoins, le respect de quelques règles élémentaires ouvre considérablement les possibilités d'interventions en studio de mastering.

forme_d'onde
La Dynamique

Les principales difficultés que je rencontre sur les mixages proviennent d'une intervention déjà trop avancée au niveau des traitements de la dynamique.

Sur les mixages poussés à l'extrême, il arrive qu’une intervention en mastering ne soit de plus aucune efficacité…

Laissez de la marge

Je lis régulièrement sur le net qu'il est préférable de laisser une marge d'environ 4 à 6 dB, néanmoins cette indication ne veut pas dire grand-chose pour moi.

Vous pouvez très bien avoir des crêtes qui ne dépassent pas les -6dB, mais avoir un son déjà ultra compresse avec peu de dynamique. De même, il est tout à fait possible d'avoir des crêtes qui avoisinent les 0dB et une dynamique incroyable.

Si l'on veut parler de marge entre les crêtes et le volume RMS (volume moyen) ou de DR (dynamic range), il est très délicat d'indiquer une marge idéale. Cela variera considérablement selon le style de musique, le type et la densité de l'instrumentation ainsi que de l'importance des fréquences basses présentes dans le mix.

Ce que je préconise, placez les curseurs du bus master sur 0dB et débrouillez vous de sorte a ce que la somme de l'ensemble des pistes que vous mixez avoisine les -6 à -4dB crêtes. C'est une indication de confort incluant une bonne marge, quelques crêtes peuvent néanmoins dépasser lors des passages les plus forts, 2 à 3 dB pourraient suffire si le mix est aéré.

N'incérez pas de traitement de dynamique sur le bus master

Il est particulièrement tentant d'insérer des processeurs de dynamique sur le bus master dans le but de vous approcher du résultat final souhaité.

forme_d'onde

Néanmoins, et j'insiste lourdement sur ce point, tout ce que vous entreprendrez à ce niveau, diminue les possibilités d'intervention en studio de mastering.

Les compresseurs analogiques que l'on rencontre dans un studio de mastering professionnel sont redoutables, laissez donc l’ingénieur du son mastering faire son travail…

En mastering pour pouvoir "accrocher" un compresseur, l'ingénieur du son se calera sur les crêtes du mix afin de pouvoir régler le seuil de déclenchement de ses machines. Plus il aura de marge, plus il aura de possibilités d'intervention !

De plus si le mix est lisse (sans crêtes), le précieux potentiomètre du temps d'attaque n'aura plus aucune efficacité. L'ingé son mastering sera privé de pouvoir vous faire un master qui sonne " punchy".

Ne tombez pas dans le piège de vouloir compenser au niveau des pistes individuelles et les sous-groupes, gardez de la souplesse…

Le compresseur est certainement l'un des éléments le plus difficiles à apprivoiser, on risque rapidement de tuer les attaques voir les transitoires (transition entre l'attaque et le sustain d'un son). La sensation du plus fort = meilleur est extrêmement trompeuse.

N’employez pas la fonction maximiser qui a pour but d'aligner la crête la plus forte à 0 dB (volume maximum admissible en audionumérique). C'est un traitement inutile qui soi-disant pourrait même légèrement dégrader le signal audio.

Le placement dans l'image stéréo

Placez les éléments (instruments) aux fréquences basses au centre de l'image stéréo (basse, grosse caisse, sons électroniques à fréquences basses, etc.). Les fréquences basses demandent d'avantage d'énergie ce qui créé rapidement un déséquilibre de volume RMS entre le canal gauche et droit s'ils ne sont pas au centre du mix.

La reverb

N'abusez pas de la reverb, les traitements de mastering (notamment la compression) ont tendance à la faire ressortir d'avantage. D'autant plus que les mix chargés en reverb sont totalement passés de mode, vous risquez fortement de sonner démodé… sans parler de la perte de la proximité !

Dans la majorité des cas, évitez la reverb sur les instruments aux fréquences basses, sinon vous allez inutilement embrouiller le mix dans le bas et bas médium du spectre des fréquences qui a déjà passablement de mal à rester distinct.

Ne coupez pas de trop près vos fichiers audio

Afin de permettre la mise en route et l'arrêt des outils de mastering, conservez une ou deux secondes de silence en début et fin du fichier audio.

Méfiez-vous des notes tenues en fin de titre ainsi que de la queue de la reverb, il se pourrait que lors du mix vous n'entendiez plus les tenues les plus faibles. Le mastering augmente le volume et pourrait faire apparaitre une coupure abrupte.

De toute manière, l''ingénieur du son mastering se chargera du coupage des extrémités et procédera dans la plupart des cas à un léger fade out après traitements pour terminer proprement.

Les fades se font au mastering

Les fades se font au dernier moment après l'intervention des traitements de dynamique en studio de mastering. La raison en est simple, un compresseur ne travaille pas de la même manière suivant le volume qu'on lui envoie. Il n’apporterait donc pas la même coloration du début à la fin d'un fade.

Rien ne vous empêche de faire des essais et fournir des instructions a votre ingé son mastering.

Le format de fichier

Les fichiers habituels sont le Wave (PCM sans compression) portant l'extension .wav et l'AIFF portant l'extension .aif ou .aiff. Les fréquences d'échantillonnage acceptées dans la majorité des studios de mastering sont les suivants 44.1 / 48 / 88.2 / 176.4 / 192 kHz et la quantification audio en 16 / 24 / 32 / 32 bits flottants.

Pour un projet CD je vous recommande d'opter dés le départ pour une quantification de 24 bits ou 32 bits flottants et une fréquence d'échantillonnage de 44,1 ou par multiples supérieurs soit 88,2 / 176,4 kHz. Les fréquences d'échantillonnages de 48 / 96 / 192 kHz sont un format développé pour l'audio visuel !

Vous fournirez vos mixages sous forme d'un bounce (rendu) stéréo. Un bounce est le résultat obtenu lors de l'exportation d'un projet dans le but de réduire les différentes pistes en un seul fichier audio (stéréo).

 

Alain Ernst
Ingénieur du son mastering chez FreeSon Audio Mastering

Commen faire parvenir les mixages au studio de mastering

Le Téléchargement

Transférer vos mixages par téléchargement est un moyen sûr et rapide ne présentant aucun risque de détérioration du fichier audio.

La Clé USB

Si vous avez la possibilité de vous rendre sur place, la clé USB est également une très bonne solution.

Un CD ou DVD

La gravure d'un CD ou DVD est un procédé mécanique qui peut induire des erreurs de gravure, néanmoins il y a peu risque de détérioration du fichier audio.

Ce n'est pas le meilleur support, mais il reste acceptable, cependant prenez garde de graver un CD/DVD de donné et non un CD/DVD-Audio, car vos fichiers audio seraient automatiquement encodées en fichiers cda !

Vertigo Sound VSC-2